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Le Emie R. Roussel Trio en ouverture du Festi Jazz

Le Emie R. Roussel Trio en ouverture du Festi Jazz

Marie-Eve Boisvert

Emie R. Roussel n’a plus besoin d’une bonne excuse pour parcourir la route menant de Montréal à Rimouski, cette dernière région se voulant celle d’origine – et maintenant de cœur – de la pianiste jazz. Le trajet du 2 septembre prochain se fera toutefois pour une raison bien singulière; la musicienne y donnera à la même date le coup d’envoi de la 35e édition du Festi Jazz, alors qu’elle sera marraine de l’événement. Un rôle éloquent pour celle qui a vu son évolution musicale se forger, notamment, dans les sillages de l’événement.

Un retour qui va de soi

La musicienne y sera donc en concert au sein de sa formation, le Emie R. Roussel Trio, qui depuis plus de dix ans a su livrer un jazz créatif et en constante évolution aux publics de 12 pays et de quatre continents, a produit cinq albums et a raflé aux détours de ce parcours de nombreux prix ainsi qu’une récente nomination aux Junos en 2021, dans la catégorie ‘’Jazz Album of the Year’’.

Après une année au long fleuve tranquille, Emie me confiait être enthousiaste et honorée de retrouver la scène et le public à l’occasion du Festi Jazz de Rimouski : « Pour moi cette nomination incarne un véritable retour du balancier, alors que l’organisation a été la première à se commettre pour m’offrir une plateforme devant public. Je me souviens qu’à l’époque nous avions monté, avec des amis du Stage Band de l’école secondaire Paul-Hubert, quelques standards jazz que nous avions présentés sous le chapiteau. » Un moment qui s’était révélé charnière pour la jeune musicienne, qui avait été remarquée ce soir-là par Lorraine Desmarais, laquelle avait alors proposé à Emie de la prendre sous son aile en lui enseignant le piano jazz au Cégep Saint-Laurent. On devine aujourd’hui la suite.

« La musique, je suis tombée dedans, telle une Obélix qui tombe dans la marmite », me raconte la pianiste en riant. Née de parents tous deux musiciens, Emie R. Roussel a grandit bercée par la musique, notamment avec une école de musique à même la maison familiale et un père pianiste professionnel, qui lui a transmis les bases de son instrument dès l’âge de cinq ans, puis mentoré par la suite.

« Le piano, ça toujours été une évidence pour moi, le médium par excellence me permettant d’expérimenter toutes sortes de formules et d’improviser à ma guise : ça n’a jamais été une question, savoir de quel instrument j’allais jouer! »

L’importance de l’accessibilité au jazz

Bien qu’Emie R. Roussel ait dû, pour sa part, quitter la région pour poursuivre son parcours académique en musique, elle considère qu’aujourd’hui, avec l’implantation du programme jazz-pop au Cégep de Rimouski et la quantité d’événements musicaux offerts au cœur de la région, la ville n’a rien à envier aux grands centres. Selon elle, il en est d’autant plus vrai lorsqu’il est question de la présence sur le territoire du Festi Jazz : « Un événement de cette ampleur, c’est extrêmement complémentaire aux structures académiques déjà en place, parce que ça offre aux jeunes, oui la possibilité d’une première expérience personnelle, mais également une émulation incroyable, grâce au concentré d’influences qui s’y retrouvent, par le biais de la variété de concerts présentés à même le milieu de vie. » 

Et si l’artiste considère que le Festi Jazz revêt un caractère formateur pour la relève de la région – alors qu’elle croit qu’il est tout aussi bénéfique, en contexte d’apprentissage, d’assister à un concert que de recevoir un cours de musique – cette forme d’éducation culturelle bénéficie également à l’ensemble de la population. Car si le jazz gagne encore à être démocratisé, il est d’abord essentiel que l’on rende celui-ci accessible à un public plus large.

« L’idée c’est de parvenir à captiver les gens, en les sortant de leurs repères habituels. Si le public a avantage à garder l’esprit ouvert pour sortir de ses préférences d’écoute, je crois que nous avons également la responsabilité, en tant qu’artistes, de vulgariser notre offre musicale et d’aller au-delà de nos cercles », souligne Emie R. Roussel.

Manifestation d’un ensemble en parfaite cohésion

Là-dessus, à quoi peut-on s’attendre justement, en matière de sonorités, lors de ce spectacle du Emie R. Roussel Trio, présenté à la salle Desjardins-Telus? « On y produira principalement des pièces tirées du dernier album de notre formation, « Rythme de passage », un opus tantôt calme, tantôt agité, qui se veut une incarnation du temps qui passe, et principalement de ce qu’on fait de cette matière pour la faire évoluer. » La pianiste ajoute, sourire en coin, qu’il y aura également des surprises, présentées en exclusivité au Festi Jazz : avis aux intéressé.e.s! 

Au cœur de ce concert, on ne pourra passer sous silence la synergie que partage Emie avec les deux autres membres du trio, Nicolas Bédard à la contrebasse et Dominic Cloutier à la batterie, en coulisses comme sur scène. « Bien que la plupart des pièces du trio prennent racine dans mes compositions, c’est réellement lors de la mise en commun de nos trois univers distinctifs que les morceaux évoluent jusqu’à leur sonorité finale. »

Un travail créatif collectif et de longue haleine donc, qu’il fait plaisir de voir souligner : « Lorsqu’il y a des moments de reconnaissance qui arrivent, c’est extrêmement précieux, car ça nous réconforte dans l’idée que notre musique touche les gens, c’est le moteur pour se dire que ça vaut la peine de poursuivre dans cette direction-là. » 

Le Emie R. Roussel Trio sera en concert le 2 septembre prochain, à la Salle DESJARDINS-TELUS.